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C'est l'histoire de mon père Henry Lejeune, qui vas bientôt avoir 76 ans.
Toute une vie
Freddy
Toute une vie à vivre dans la solitude
Au milieu de tous ces mots qui ne veulent plus rien dire
Au milieu de tous ces mots qui parlent du silence
Du silence…
Sur la simplicité des rêves de l’enfance,
Des trésors merveilleux cachés dans notre
cœur,
Tu as battis un monde d’amour et de couleurs,
de couleurs…
Tu as construit un monde d’argile et de papier
Tu as écrit un livre que tous peuvent comprendre
Et j’ai grandit à l’ombre de tes ailes de
papier
J’entends le bruit de tes plumes sur les feuilles
tachées
D’encres venues de chine, encres rouges comme le sang,
Encres rouges comme la lave.
Mère incandescente d’où surgit les monstres de
l’enfer
Patiemment maîtrisés d’un fin trait
noir.
Ils se transforment en rapaces sévères
Subjugués par la magie du désir
Encre jaune comme le soleil de Provence
Qui chasse jusqu'à l’idée de pluie
Ce qui tombe du ciel, ce n’est plus les larmes
D’un dieu cruel et lointain,
Mais une bière brune
Qui réchauffe le ventre
Tout le village résonne des tambours qui
s’éveillent
La musique de la fête rejoint
Le chant des oiseaux du matin
La liberté enfin parade dans la rue
Le travail est plaisir arraché à la vie
Les hommes se rassemblent et brûlent leurs factures
Les femmes se dénudent
Et entament une danse essentielle
Leurs seins lourds se balancent
Sur des rythmes sauvages
Je vois tes mains durcies qui caressent la terre
mouillée
Des formes inconnues surgissent de tes doigts
Des fleurs célestes nées des racines pointues
arrachées
Au terreau du dimanche
Dans l’infinie immensité de la forêt,
Sur une feuille blanche, tu as jeté ton ancre bleue
Mariant la mère et la nuit dans une étreinte
étoilée
Mystère du langage qui rejette les mots
Comme des coquillages sur une plage
Déserte……










