Trois chansons proposées pour la biennale de la chanson française 2008:
Pauvreté coupable
Je ne sais plus quoi faire pour gagner de l'argent
sans écraser les gens, sans mentir aux enfants.
Je traine dans la rue froide. La faim me tiraille le ventre.
La pluie glacée me transperce. J'espère que je ne
vais pas m'enrhumer.
Si il est pauvre, c'est de sa faute .
Si il était riche, ce serait par le vice.
Si il divague dans la lumière
Son amour vague reste dans la misère
Les bourgeois éternels, les faîseurs de morale, les
donneurs de leçons,
me regardent passer.
Et dans ma tête résonnent leurs sentence
dérisoires.
Leurs parôles s'affolent et m'entrainent dans le noir.
Il ne comprendrat jamais ce que disent les roues
qui tournent dans le vide.
Mais il saura vous dire ce quenferme son ventre
comme idées à venir.
La bête dort au coin du feu et dans ses yeux
se reflètent les flammes.
Le soleil marche en pensant et ses rayons
me brulent l'âme
Frédéric Lejeune
Paresse laborieuse
Au creux de ma main pousse une forêt magique.
J'y suis une fée qui s'appelle néant.
Elle m'entraine tout au fond de mes rêves.
Dans un pays où le roi est un puissant.
Puissant guerrier devant qui tremble la terre
Dans la terreur quand se retire la mer
Quand les oiseaux s'enfuient dans le vent
Que les étoiles éclairent les enfants.
Multitude ouvrière qui peuple mes cheveux.
Cavalcade amoureuse de milliers de cheveaux.
Flèche tirée en l'air qui se plante dans la
lune.
Pluie légère qui nous saoùle comme une
bière brune.
Tas vie s'écrit dans la paume de tes mains.
Dans les chemins que parcoure ton coeur.
Dans les réponses que t'apporteront demain
Les rêves du matin aux premières lueurs
Du soleil qu'on devine à travers les nuages
De la lune que l'on prie dans la brume sauvage
Et des feux qu'on allume au campement du soir
Sous les feuilles qui tremblent solitaires dans le noir
Tu ne comprend rien de ce que disent les gens.
Tu ne fait rien de ce qu'on attend de toi.
Tu tend les bras au dessus de leurs têtes.
Tu enfonce tes jambes dans la boue
éphémère.
Frédéric Lejeune
Ennéade
Neufs amis s'en allaient sur un chemin glissant.
La terre détrempée collait à leurs
semelles
Ils marchaient dans la nuit, brisant, brisant,
l'obscurité de leurs idées nouvelles.
Neufs hommes pas encore, non mais plus des enfants,
chevauchaient comme on dort, des rêves
éclatants.
Dans la pluie et le vent, ils cherchaient le printemps.
Comme on cherche un oiseau perdu dans la montagne
Nous retournerons en juin, autour d'une table.
Une table de pierre où parle une rivière.
Et où dans un murmure, lui répondent les
arbres.
La vie est encore là, cachée dans le
mystère.
Neufs amis dans la joie, et moi j'étais l'un d'eux,
multipliaient leur foie dans un avenir heureux.
Et puis dans la fumée, ranimaient leur courage,
de partir avant l'aube pour fendre les nuages.
Frédéric Lejeune 31
janvier 1995











