J'en ai marre d'entendre le chant de Francorchamps.
Les rugissements d'orgueil que pousse le pétrole en
brûlant,
raffiné,
dans les réservoirs des bolides tous neufs flambants,
l'argent des gens du pouvoir.
Les kamikazes Iraqiens ne roulent pas sur le circuit.
Mais l'eau qui coule à Francorchamps est rouge du sang de
leurs enfants.
Le chant de Francorchamps est un chant violent.
Les maîtres des écuries en jouissent
secrètement.
Ils ont la morale douteuse.
Promotion de la vitesse au volant !
Qu'importe que l'on consomme
autant qu'un camion d'aliments.
Il faut rouler toujours plus vite,
Même si on a tout le temps.
Nos vies ressemblent à des fuites, à des fuites en
avant.
Conduit par des gens sans coeur, le troupeau tourne à 200
à l'heure,
en rond.
Savoir si l'on peu rouler aussi vite en
sécurité,
ne devrais pas être une interrogation majeure pour notre
société.
Pour cela, nous avons déjà le T.G.V..
Ce problème ne concerne que les élites,
a qui tout le système profite.
Qui se souvient encore de la vallée de Francorchamps ?
Avant que les courses ne s'installent doucement,
et grignotent le paysage,
couvrant la terre dénudée de pétrole
durcit.
Arrachant les arbres, construisant des bâtiments.
Tout autour du circuit,
les déjections des courses s'accumulent sous formes de
canettes et de bouteilles vides
et d'autres déchets qui seront encore là quand
l'aluminium et le pétrole auront disparus.
Les lendemains de grands prix, des chevreuils, le regard
vide,
fouillent les poubelles des campings où l'herbe est mise
à nu.
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