Accueil Date de création : 12/09/06 / Dernière mise à jour : 19/08/08 10:05 / 126 articles publiés

Parade Carnavalesque  posté le vendredi 22 février 2008 14:06

Blog de spitin : Les chasseurs de lumières, Parade Carnavalesque

En 2002, nous habitions Braine-le-Comte, en Belgique.

Nous avons mis sur pied des ateliers créatifs pour les enfants, dans le but d'aller défiler à Stavelot, avec les jeunes Stavelotains .

Un carnaval créatif avec deux groupes d'enfants de deux villes différentes, éloignées l'une de l'autre de près de 200 km.

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Première scène  posté le vendredi 22 février 2008 13:58

Blog de spitin : Les chasseurs de lumières, Première scène
L'histoire de la CB, c'est un peu une histoire de motars, ca commence au Continental Circus et ca se termine au circuit de Francorchamps. Mais est-ce vraiment fini ?

Et si c'était un scénario de film ?

Première séquence: La scène se déroule au Continental Circus ; dans une ambiance de fin du monde. Une dizaine de fumeurs de Cannabis sont réunis dans ce café de Braine-le-Comte.
Olivier, le patron, est mort depuis huit mois. Mais la décoration est toujours la même.
Olivier, ami d'adolescence , ancien champion de Belgique de vitesse pure, s'est tué en compétition. Il est tombé de sa moto et fracassé le crâne sur les barrières de sécurité.
Et moi , petit batteur de reggae mystique à la recherche d'une expérience transcandentale , je l'ai remplacé au bar durant huit mois.
Il faut vous dire que quand il est partis ce tuer sur ce circuit flamand, il m'avait demandé de tenir son café durant son absence et moi comme j'étais sans travail, (j'avais été obligé de retourner chez ma mère et je ne savais pas quoi faire), et que je répétais dans ce café tous les week-end avec un groupe de reggae, j'ai accepté d'y rester, après la mort d'Olivier, à la demande de son frère, sans trop me poser de questions.
Mais maintenant, c'est finis; épuisé par une lutte incessante pour essayer de concilier la volonté de Pascale, la veuve d'Olivier de faire de ce café, un musée à la mémoire de son fiancé disparut et celle de Jean-Claude, l'ami de toujours, d'en faire quelque chose de rentable, j'ai décidé d'arrêter. De remettre gratuitement le café à Jean-Claude, sous la pression de Jan et Pascale et de partir habiter un peu plus loin dans la même rue.
Je suis dans un drôle d'état psychologique. Durant ces huit mois, j'ai vécu une histoire d'amour avec une fille du coin assez arrangée. Toute petite, elle a surpris ses parents pendus dans leur grenier, morts, suicidés. Sa sœur et elle ont été élevées par leur grand-mère. Sa sœur est devenue toxicomane puis est rentrée dans une secte et elle, est devenue éducatrice.
Pendant quelques temps, je dormais chez elle. Jusqu'à ce qu'elle tombe enceinte et ne veule pas garder l'enfant, à mon grand regret.
Il y a donc beaucoups d'absents, ce jour là au Continental.
Mais il y a aussi des présents, dont Manu, fils d'immigrés Espagnols, animateur dans une école de Braine, poursuivis par la mort de son frère Xavier , survenue quelques années plus tôt. Xavier est tombé dans une carrière de Soignies, après avoir pris du LSD.
Il y a donc au moins trois fantômes dans cette pièce ! Au moins, car la veille, un vieux voisin, qui vivait avec sa femme, dans une petite maison, dans une ruelle à coté du café  est décédé. Et sa veuve est venue me chercher pour me parler de son mari devant une tasse de café et me montrer le mort dans son lit.
Alors que tout le monde se lève pour la fermeture, Manu et moi, ivres de Cannabis, nous caressons les fantômes que nous sentons dans l'air, autour de nous .
Ils nous semblent réellement perceptibles bien que méconnaissables.
Manu, qui a connu la dictature Franquiste, a beaucoup plus de caractère, de volonté, de fierté et de violence contenue que moi. Cheveux noirs et bouclés, blouson de cuir noir et corps musclé, il exerce un ascendant énorme sur tous les jeunes de sa Cité à Soignies.
Intellectuel, spécialiste de la bagarre de rue, artiste doué, c'est un conteur captivant, surtout qu'il a toujours un gros morceau de haschich de la meilleure qualité dans sa poche,. Haschich dont il fait un usage généreux en compagnie de tous ceux qui veulent bien l'écouter.
Avant de nous quitter, nous effectuons une espèce de danse, proche du Taï-Chi-Chuan, essayant de percevoir avec nos mains les fantômes qui nous entourent et nous nous promettons de nous revoir bientôt.
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